Parallèle entre la génétique de la robe du chat
et celle de certains grands félins

Selon Alyse Brisson

 

 

 

 

Les lions


La grande majorité des lions est composée d’individus fauves. Pourtant, dans le Parc du Timbavati, en Afrique du Sud, on découvrait, en 1975, des lions blancs. Ces sujets furent gardés au zoo de Pretoria, afin de les préserver, leur couleur ne leur laissant aucune chance de survie dans la nature. Ces animaux semblent blancs et leurs yeux sont ambre pâle.

Leur observation montre qu’il subsiste une légère coloration crème, avec le bout des oreilles sable. Il semble donc que le gène en action soit celui, dominant chez le chat, qui donne les argentés (silver ou smoke).

En 1990, naissaient au Parc Zoologique de St Martin la Plaine, dans la Loire, deux lionceaux blancs. L’un de ces lionceaux a survécu, et les soigneurs ont eu la surprise de voir ses yeux, bleu foncé, devenir ambres, et … la couleur envahir le corps, en commençant par les extrémités. Tout comme se colorent les chats à patron siamois. La différence réside dans le fait de la couleur des yeux qui restent bleus chez le chat. Le corps du chat reste longtemps très pâle, celui du lion se colore rapidement.

Ainsi, il semble que chez le lion on trouve deux gènes concernant la répartition de la couleur :

C+ coloration normale

cs colourpoint avec une expression différente chez le félin sauvage, les yeux comme le corps se colorant normalement, et assez rapidement.

De même, il semble qu’il y ait un gène similaire au gène argent du chat domestique, chez le lion.
Chez le chat, I, le gène qui empêche la synthèse de la phaeomélanine est dominant, chez le lion, le gène est récessif. Il faut que les DEUX parents donnent le gène pour obtenir un lionceau « blanc ».

 

 

Les panthères et jaguars


Les unes, appelées aussi Léopards, et vivant en Asie et en Afrique, comme les autres, vivant en Amérique, ont peu de différences de robes. Les jaguars présentent des tâches noires au centre des rosettes, ce qui n’est pas le cas des panthères ou léopards.

 

 

 

Chez ces deux espèces voisines, il existe des sujets noirs, parfois appelés « mélaniques » pour les jaguars, mais présentant, au soleil, un « fantôme » des marques effacées. De la même façon, que les chats unis présentent parfois, surtout dans l’enfance, un fantôme du tabby caché.

On peut valablement penser qu’il existe chez ces félins, comme chez le chat :

A+ donnant un pelage tacheté

a qui efface le dessin.

 

 

Les guépards


Le guépard le plus connu est le guépard tacheté, dont la robe est fauve, parsemée de tâches noires arrondies, plus ou moins grandes.

Il existe des guépards dits « royaux », dont la particularité réside dans la taille et la disposition des marques qui forment de gros dessins noirs sur les flancs, et des bandes longitudinales sur le dos.

Nous sommes en présence d’un phénomène voisin sinon identique à celui qui fait d’un chat moucheté ou tigré, un chat marbré.

Les deux phénomènes sont récessifs, il faut que les deux parents donnent le gène pour qu’il y ait ce dessin. Ils ont pour effet une présence de pigment noir (eumélanine) plus abondante que normalement, avec une localisation de ce pigment en grandes marques sur les flancs et en bandes dorsales larges.

On peut assimiler cette version de la robe du guépard aux gènes suivant de la robe du chat :

T+ robe normale, tachetée

tb robe « royale » (marbrée)

 

 

Les tigres


Le tigre est généralement fauve rayé de noir, or il existe des tigres dont la robe est blanche, les yeux bleu clair, et des rayures sombres sur la tête, brunes sur le corps. Plus rares, il y a même des tigres entièrement blanc, aux yeux bleus.

 

 

 

 

Je retiens pour les tigres l’hypothèse suivante :

C+ robe normale

cs robe blanche, yeux bleus, rayures plus sombres sur la tête que sur le corps.

ca robe entièrement blanche, yeux bleus.

 

Conclusion

 

D’autres espèces de félins sauvages présentent une variabilité plus ou moins importante de la robe. Peu arrivent à celle du chat, qui, grâce à sa domestication a pu extérioriser un grand nombre de mutations, éventuellement sélectionnées et entretenues par l’homme.

 

 

 

 

 

Références :

Les lions blancs du Timbavati. Chris Mc Bride, Ed. R Laffont
Sciences et nature. Janvier 1991
When Cheetahs Are Kings, by Donald Lindbuerg. PH.D.LIOC.
De quelle couleur seront mes chatons. A.Brisson. ED PT Vétérinaire.

 

 

 

Alyse Brisson
Auteur "De quelle couleur seront les chatons" 1990
et "Le chat de race" 2004
Les abyssins d’Alyse Pagerie
Email : This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.