Les couleurs de base

Selon Alyse Brisson

 

 

 

Comme nous l’avons vu précédemment, les caractères nommés gènes, et portés par les chromosomes, sont donnés par les deux parents aux enfants. Les couleurs noir, bleu, chocolat, cinnamon et fawn (ou faon), sont celles que nous étudierons aujourd’hui. Le noir et le bleu sont répandus dans presque toutes les races. Le chocolat et le lilac (ou lavander) ont d’abord été sélectionnés chez le siamois et l’oriental, ces deux couleurs se retrouvent maintenant chez le Birman, le Burmese, et le Persan. Le cinnamon et le fawn ont été amenés par l’Abyssin et le Somali, mais il a été introduit chez le siamois et l’oriental lors de la sélection des orientaux tiquetés.

Les gènes dirigeant ces couleurs sont les suivants :

 

B+ : noir
b : chocolat
bl : cinnamon

 

Ce sont les couleurs de base, qui vont s’exprimer de façon intense ou pastel (diluée) selon qu’elles seront accompagnées de “ D+ ” intense ou “ d ” diluée.

les gènes des deux séries alléliques ci-dessus sont placés par ordre décroissant de dominance: B+, b, bl et D+, d. Ils ne sont pas liés au sexe, le sexe des parents ou des chatons n’aura donc aucune importance lors des croisements :

 

B+-D+- : noir
 
B+-dd : bleu (ou blue)
b- D+- : chocolat
 
b- dd : lilas (ou lilac, ou lavande)
blblbD+- : cinnamon
 
blbldd : fawn (ou faon)

 

 

(le tiret à côté du gène connu remplace le second gène de la paire, quand, pour ce gène, le sujet peut être hétérozygote).

B+ est dominant par rapport à b, un seul des parents l’apportant permet au chaton de l’exprimer, b est récessif par rapport à B+, pour être chocolat, le chaton doit recevoir b de l’un de ses parents, et soit b soit bl de l’autre, pour qu’un chaton soit cinnamon, ses deux parents doivent lui donner bl.

La couleur s’exprimera de façon intense si au moins l’un des parents apporte D+, pour obtenir une couleur diluée, il faudra que les deux parents donnent d au chaton.

Comme les gènes vont toujours par deux, et que la présence d’un seul gène dominant suffit à son expression sur le phénotype (l’apparence) du chaton, nous devrons mettre un “ - ” à côté du gène donnant ce caractère, si l’on a aucune précision quant au second, dès que cette précision est apportée, le tiret est remplacé par le gène découvert. Pour déterminer rapidement si un sujet est homozygote ou hétérozygote (pur ou impur) pour un gène donné, il faudra le croiser avec un partenaire exprimant le gène le plus récessif de sa série. Ainsi un chat noir pourra être marié à un bleu pour savoir s’il est ou non porteur de dilution.

 

Exemple 1

Mariage d’un noir pur et d’un bleu ne cachant pas le chocolat ou le cinnamon :

le noir est B+B+D+D+, le bleu est B+B+dd; les cellules sexuelles ne portent que la moitié du stock chromosomique, les gamètes du chat noir seront donc “ B+D+ ”, et celles du bleu “ B+d ”. Le croisement donnera les résultats que nous lirons dans le schéma appelé “ Carré de Punnet ”, aux intersections des lignes verticales et horizontales :

 

 

 

 

Le résultat est un noir porteur de bleu (cas où l’on connaît l’hétérozygotie du sujet), aucun chaton n’est bleu, ce qui montre l’homozygotie du parent pour D. Le croisement devra être fait plusieurs fois, car une seule portée ne donnera pas suffisamment de chatons. (Si le parent est hétérozygote, et qu’un chaton bleu naît à la première portée, cela prouve immédiatement l’hétérozygotie du parent d’apparence dominante).

 

Exemple 2

Mariage d’un noir porteur de bleu et d’un bleu, aucun ne portant le chocolat ou le cinnamon:

soit B+B+D+d (pour le noir porteur de bleu) et B+B+dd (bleu) le bleu a une seule sorte de gamète: B+d, alors que le noir porteur de bleu en a deux: B+D+ et B+d, ce qui donne le tableau suivant :

 

 

 

Soit la moitié de chatons noirs, et l’autre de chatons bleus, il est possible que ce résultat n’apparaisse qu’au bout de plusieurs portées.

Le croisement de deux bleus ne donnera que des bleus s’ils sont homozygotes (purs) pour B+, mais pourra donner des bleus et des lilas, s’ils sont porteurs de “ b ”, dans ce cas, le tableau ne considère que B, puisque les deux parents sont “ dilués ”, et ne donnent que “ d ”, soit :

 

 

 Ce qui donne bien 3 bleus pour un lilac

 

On peut aussi avoir le croisement de deux noirs, porteurs de chocolat et de dilution, chaque parent aura 4 sortes de gamètes: B+D+, B+d, bD+, bd, à vous de faire le tableau correspondant :

 

 

 

Soit la possibilité d’avoir du noir (9 chances sur 16), du bleu (3 chances sur 16), du chocolat (3 chances sur 16) et du lilas (1 chance sur 16).

 

Exemple 3

Un éleveur achète un mâle noir, pour le croiser avec ses femelles bleues ou lilas. Sur 10 chatons, il obtient 9 noirs et un lilas.

Que peut-on en déduire ?

Au départ le noir s’écrit : B+-D+-.Le croisement indique qu’il est porteur de chocolat et de dilution, puisqu’il a donné un chaton lilas. Sa formule devient donc: B+-D+d, on ne sait pas s’il est ou non porteur de cinnamon. Sa race peut donner une indication, car le cinnamon ne se trouve pratiquement pas dans d’autres races que les Orientaux et les Abyssins et Somalis.

Pourquoi croiser les "intense " entre eux, et les "pastel" entre eux ?

En élevage, on recherche des couleurs foncées les plus intenses possibles, et des couleurs claires les plus pastels.

Les couleurs sont déterminées par des gènes majeurs (dominant ou récessifs), connus, et assez facile à sélectionner, mais leur intensité est au contraire, due a des polygènes, qui n'agissent que s'ils sont ajoutés.

Ainsi, pour obtenir un noir intense, faut-il ajouter le plus de polygènes "+", alors qu'il en faudra le moins possible pour avoir une couleur pastel. À force de sélectionner des couleurs foncées, par exemple, on obtient un chat avec beaucoup de polygènes "+", ainsi un maximum de ces polygènes passeront - ils à la descendance, de même, la sélection des couleurs claires, élimine t - elle le maximum de ces polygènes.

Étant donné que l'on travaille alors sur des polygènes, il se peut que de "bons" mariages aboutissent tout de même à la naissance de chatons trop "chauds" en couleur, ou au contraire délavés.

En conclusion : Il est préférable de marier entre eux les Noirs, Roux et Écaille, d'une part, et les Bleus, Crèmes et Bleu Crème d'autre part. (Qu'ils soient tabby ou non, bi ou tricolores ou non).

 

 

 

 

 

Alyse Brisson
Auteur "De quelle couleur seront les chatons" 1990
et "Le chat de race" 2004
Les abyssins d’Alyse Pagerie
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